Bernadette Chirac : La veuve de Jacques Chirac, décédé jeudi à son domicile. les informations sur l’ex première dame ne sont pas bonne.
La santé de Bernadette Chirac était décrite comme déclinante ces derniers mois. Hospitalisée à plusieurs reprises depuis la rentrée 2016 et les rumeurs incessantes de la mort de son époux, qui l’avaient considérablement affaiblie, elle a été vue en fauteuil roulant en juin 2018, lors de l’inauguration de l’Avenue Jacques et Bernadette Chirac, à Brive, puis en mars 2019, lors défilé Chanel organisé au Grand Palais. Son biographe Erwan L’Éléouet la décrivait récemment dans Le Figaro comme une femme “fatiguée, fragile”.

En juin dernier, Bernadette Chirac a quitté la présidence de la Fondation des hôpitaux de Paris, l’organisme qui organise les Pièces Jaunes. Elle n’est guère apparue en public depuis.


Mariée pendant plus de 60 ans à Jacques Chirac, l’ancienne Première dame, âgée de 86 ans, est veuve depuis jeudi 26 septembre. Bernadette Chirac, née Bernadette Chodron de Courcel en 1933, serait “très affaiblie”, rapporte Le Parisien. Catherine Besançon, la collaboratrice de l’ancienne Première dame, signale qu’elle est “très profondément meurtrie” par le décès de Jacques Chirac. Depuis 2018 déjà, Bernadette Chirac ne prend plus part à l’opération pièces jaunes, qui l’avait rendue si populaire auprès du grand public. Cette année, elle a aussi quitté une autre de ses fonctions au sein du conseil d’administration du groupe LVMH. Les proches de Bernadette Chirac l’entourent et la préservent. C’est pour cette raison qu’hier, seuls Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été autorisés à se rendre à son domicile pour se recueillir sur la dépouille de Jacques Chirac.

Bernadette Chirac se trouvait aux côtés de Jacques Chirac quand il est décédé, indique encore le Parisien. Celle qui a toujours offert une image de femme droite et solide, montrerait désormais dans l’intimité une énorme “fragilité”, en particulier depuis le décès de sa fille, Laurence Chirac, il y a un peu plus de trois ans. Bernadette Chirac souffrait aussi intensément des innombrables rumeurs sur la santé de son époux ces dernières années, allant parfois jusqu’à annoncer sa mort.

Le mystère Bernadette Chirac

Malgré un engagement public de plusieurs décennies, malgré les interviews données ici et là pendant des années, malgré une biographie étoffée à chaque information et à chaque anecdote, Bernadette Chirac, l’épouse de Jacques Chirac, décédé ce jeudi 26 septembre 2019, est toujours restée un mystère pour les commentateurs de la vie politique en France. L’ancienne Première dame a évidemment compté plus que tout dans l’ascension politique de son époux, et elle demeurait son pilier le plus précieux quand l’ancien chef de l’Etat était au crépuscule de sa vie. Mais Bernadette Chirac n’aura pourtant jamais été la femme dévouée et effacée que certains ont voulu façonner.

Un ouvrage, “Bernadette Chirac, les secrets d’une conquête”, publié en février 2019 aux éditions Fayard, a décrit par le menu ce rôle qu’elle a joué dans l’ombre du pouvoir pendant des décennies, puis dans le huis-clos d’un appartement parisien ces dernières années. Epouse de Jacques Chirac pendant plus de 60 ans, Bernadette Chirac aura, par sa famille et sa fortune, contribué à l’ascension de son mari, l’aura épaulé à la mairie de Paris comme à l’Elysée, mais n’aura jamais caché son ambition politique, dans le fief chiraquien de Corrèze. Ces dernières années, elle ne faisait plus non plus vraiment mystère des infidélités de son mari avec lequel elle échangeait régulièrement quelques amabilités, en privé comme en public.

On découvre ainsi dans le livre du biographe Erwan L’Elouet quelques confessions sur des moments marquants de la vie de Bernadette Chirac. A commencer par la manière dont elle parviendra à détourner Jacques Chirac d’une aventure sentimentale dans sa jeunesse, alors qu’ils étaient fiancés. “L’étudiant de Sciences Po, dont elle est tombée amoureuse, est parti pour les États-Unis et veut se fiancer avec une jeune Américaine…”, rappelle aussi l’auteur au Figaro. “Bernadette se ligue alors avec sa future belle-mère pour faire revenir le jeune Jacques. C’est encore Marie-Louise Chirac qui, face aux entorses conjugales de son fils, conseille à Bernadette de serrer les dents et lui rappelle, si besoin : “On ne divorce pas chez les Chirac”.

Les infidélités, supposées ou avérées, de Jacques Chirac poursuivront le couple durant toute sa carrière. Plusieurs journalistes politiques témoigneront en filigrane des aventures du ministre, maire de Paris puis chef de l’Etat. Jacques Chirac se verra même affublé d’un surnom peu flatteur sur cette capacité à séduire et à “consommer” ses relations en une vitesse record, dit-on. Ce surnom, “5 minutes douche comprise”, sera même abondamment utilisé jusque sur les plateaux de télévision pour s’amuser de la vie sentimentale débridée de l’intéressé. Dans son livre “Bernadette Chirac, les secrets d’une conquête”, le journaliste Erwan L’Éléouet évoque une relation avec “une journaliste du Figaro” dans les années 70 qui se serait même “installée dans la durée”, avec “des sentiments et des attentions qu’il n’avait plus pour Bernadette”, “des poèmes enflammés”, une virée “la boutique Pierre Cardin du faubourg Saint-Honoré afin de lui acheter un pull” et même “un appartement pour vivre cette romance à l’abri des regards indiscrets”.

Bernadette Chirac était bien évidemment au courant de ces écarts et les commentera avec fatalité dans sa biographie : “Au début, j’ai eu beaucoup de chagrin. Puis après, je m’y suis faite. Je me suis dit que c’était la règle et qu’il fallait la subir avec autant de dignité que possible”. Elle assurera aussi dans le documentaire “Mémoires d’une femme libre”, en 2016, qu’elle aurait “aussi pu en faire autant”. “Si j’avais rencontré un beau sportif, un beau musicien ou un beau navigateur… Mais je ne l’ai pas fait. Il faut dire la vérité, j’étais quand même très amoureuse de mon mari”, avouait alors Bernadette Chirac.

Une longue série de vacheries

Dans le couple Bernadette Jacques Chirac, il y avait aussi ces vacheries lancées parfois directement face aux médias quand ils n’étaient pas rapportées des coulisses par ces derniers. Des piques et autres commentaires acerbes qui ont même été compilés dans un livre en 2015 : “Bernadette et Jacques”, de Candice Nedelec (Stock). Face aux “Vous me prenez pour une conne !”, lancés par une Bernadette Chirac blessée par ses infidélités, Jacques Chirac répondait “Si vous n’êtes pas contente, demandez le divorce” et autres “Vous m’emmerdez” ! Mais la femme du président de la République ne s’en laissait pas compter, lâchant à son mari en 1995 un “Vous auriez pu être meilleur” après une allocution ou n’hésitant pas, dans une émission de Thierry Ardisson, à se lâcher à propos de son mariage devant plusieurs millions de téléspectateurs : “J’aurais pu en épouser un autre”.

Cette tension latente entre Bernadette et Jacques Chirac apparaîtra au grand jour après leur départ de l’Elysée. La presse s’amusera de ce couple de retraités se prenant régulièrement le bec en coulisses, mais aussi face caméra. Tout le monde se rappellera notamment de cet extrait de l’émission Le Petit Journal de Canal+, en 2009, quand Bernadette Chirac, excédée de voir son mari se mettre en quatre pour céder sa place à la députée Sophie Dessus, interrompra son discours au sein du musée de Sarran, en Corrèze, pour le rappeler à l’ordre devant tout l’auditoire.